Peut‑on nager avec les dauphins ?
Les excursions « nage avec les dauphins » se multiplient. Mais, derrière cette activité très populaire se cachent des réalités bien moins idylliques. Dans l'immense majorité des cas, cette activité nuit aux animaux, même lorsqu'elle est bien intentionnée. Choisir de les observer sans garantie, interaction ni mise à l’eau ni pourchasse, c'est faire le choix d'un tourisme plus éthique, plus conscient et plus durable. Nus vous expliquons ici que l'on ne voit pas toujours derrière l'excursion…
👉 Voyager de manière responsable, c'est accepter que tout ne soit pas accessible, et que le respect du vivant passe parfois par le renoncement.
Quel est le contexte de l'excursion « nage avec les dauphins » ?
Derrière l'expression « nager avec les dauphins », il y a 3 contextes différents :
1. En captivité : une interaction forcée
Les dauphins présents dans les delphinariums et aquariums ont, pour la grande majorité, été capturés en milieu naturel (comme dans la baie de Taiji au Japon – documentée dans le film The Cove). Les dauphins sont des animaux grégaires, parcourant des dizaines voire des centaines de kilomètres par jour en milieu naturel. En captivité, les animaux vivent dans des bassins artificiels, dans une eau traitée chimiquement. Les spectacles et interactions avec les visiteurs sont programmés, répétitifs et accompagnés de dressage et de nourrissage à base de poissons surgelés, comme «nager avec les dauphins» où ils sont chevauchés par des personnes agrippant leurs nageoires. Les conséquences sont :
perturbation de l'écholocalisation (les ondes se répercutent sur les parois) entrave la communication et la sociabilisation
blessures, problèmes dermatologiques, parfois cécité
stress chronique et dépression - comportements stéréotypés
pathologies graves
réduction drastique de l'espérance de vie (entre 2 et 10)
incidents et attaques multiples sur les humains
👉 On en trouve aujourd'hui dans des parcs marins mais aussi dans des centres commerciaux, notamment à Dubaï et dans plusieurs pays d'Asie. Il existe +200 delphinariums dans le monde.
2. En semi‑liberté : une interaction artificielle
Certains delphinariums et les lagoonariums sont des espaces clos dans des lagons, vrais ou artificiels. L'eau est bien celle du lagon (pas un aquarium en béton), mais la zone est fermée avec des filets sous l'eau, des barrières visibles ou immergées et parfois des enclos circulaires. Le but est d'empêcher les animaux de sortir. C'est donc de la captivité avec les conséquences associées. Mais le danger est le fait qu'on joue sur la naïveté des voyageurs qui ne pensent pas être dans un milieu captif.
👉 Mexique, République dominicaine, Bahamas, Caraïbes
3. En liberté : une rencontre provoquée
En milieu naturel, on pourrait penser que les dauphins sont totalement libres de s'approcher… ou non. Mais quelles sont les coulisses de cette activité en milieu naturel ? … lisez plus bas
Est‑ce une activité respectueuse en milieu naturel ?
Les zones où l'on propose de « nager avec les dauphins » posent 2 problèmes majeurs : elles sont très fréquentées par les touristes et correspondent en même temps à des zones de vie essentiels pour les cétacés (comme le repos, la reproduction ou la mise bas).
En réalité, ces excursions impliquent souvent surfréquentation, proximité et pourchasse :
des approches répétées et intrusives
des groupes de bateaux encerclant les animaux
des dauphins poursuivis, stressés et contraints de modifier leur trajectoire
À force de ces interactions imposées, les cétacés passent moins de temps à se nourrir ou à se reposer. Certains peuvent être séparés du groupe et si les animaux prennent le large, les jeunes sont exposés aux prédateurs. Chaque fuite ou interaction représente une dépense d'énergie importante. On pense souvent à sa « petite échelle » mais ces interactions (et encore plus le nourrissage) sont nombreuses et ne cessent d'augmenter. Notre proximité peut aussi favoriser la transmission de maladies (ou crème solaire) et peut être dangereuse pour les voyageurs. Les animaux modifient à terme leur comportement naturel: certains deviennent plus agressifs, d'autres plus dépendants de la présence humaine se rapprochent des bateaux et se blessent voire pire. Cela peut donc alors avoir de réelles conséquences sur leur survie à long terme. C'est pourquoi, dans de nombreux sanctuaires marins (ex : Pelagos en Méditerranée), la mise à l'eau avec la faune marine est interdite.
👉 Même lorsqu'elles se revendiquent « éthiques », les excursions ou croisières pour « nager avec les dauphins » reposent sur un modèle économique incompatible avec la protection de la faune : trop de rotations, trop de bateaux, trop de pression. Le simple fait de garantir une mise à l'eau transforme l'animal en produit touristique, au détriment de sa nature sauvage. Dans une approche réellement responsable, une rencontre reste incertaine, et respecte le rythme, l'espace et la tranquillité des animaux.
Note : même problème avec les baleines.
👉 ex : île Maurice, République dominicaine, Mexique, Bali, Zanzibar, Réunion, Polynésie…
Comment observer les dauphins avec respect ?
Rencontrer les dauphins ne veut pas dire forcément nager avec eux. Ces animaux fascinants et intelligents méritent notre admiration et notre respect. Rencontrer des dauphins est possible sans compromettre leur liberté ni leur bien‑être :
- Croisière en catamaran ou en voilier, en privilégiant les sorties avec un biologiste ou un guide naturaliste
- Depuis la terre avec une association, pour en appendre plus sur leur mode de vie
- En kayak ou en paddle
Les bonnes pratiques pour observer les cétacés
L'approche responsable repose sur patience, distance et observation et implique :
- des dauphins en liberté, jamais nourris ni attirés
- un nombre très limité de bateaux
- des règles claires : point mort à 30m, pas de poursuite ni grande vitesse, pas de contact, pas de mise à l'eau
- une observation passive : ce sont les dauphins qui choisissent d'approcher ou non
- le respect de l'environnement : ne pas jeter de déchets, ni utiliser de produits chimiques nocifs
👉 Voyager de manière responsable, c'est accepter que tout ne soit pas accessible et garanti pour respecter la nature sauvage des animaux. Dans ces conditions, il ne s'agit plus d'une attraction, mais d'un privilège aléatoire, respectueux du rythme et de la liberté des animaux.
Les bénéfices d'une observation responsable
Une observation respectueuse des cétacés apporte de nombreux bénéfices :
Les dauphins restent libres et en bonne santé
Les comportements naturels sont respectés
L'expérience humaine est authentique et mémorable, sans compromettre la survie des animaux
Le tourisme devient un outil de sensibilisation et de protection, plutôt qu'une source de pression
L’observation soutient une économie locale tournée vers la recherche et la conservation
👉 C’est ce qu’on appelle l’ecotourisme animalier, un cercle vertueux qui aide à la protection des animaux.
« Il ne peut y avoir de tourisme durable sans prendre en compte la cause animale,
on ne peut parler de climat sans prendre en compte la biodiversité. »
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